Voilà une vie écoulée
J'ai servi comme un esclave chez une grande entreprise, j'ai travaillé dur pour que les propriétaires aient plus et plus d'argent. On était presque 5000 mineurs à leurs apporter de l'or et en revanche on récoltaient les miettes.
J'ai lu un article sur le net, on dit qu'on a nommé un jeune de 30 ans en tête de la firme et j'ai vu dans son regard un vieux regard qui m'est familier, celui d'une vielle connaissance que j'ai perdu y'a presque une trentaine d'années.
C'était mon regard quand j'avais son âge, c'était mon regard aux yeux brillants d'un jeune plein d'espoir et d'énergie. Mais me voilà aujourd'hui encore coincé pour payer cet appartement pourri que j'occupe depuis la naissance de mon fils aîné.
C'était mon regard quand j'avais son âge, c'était mon regard aux yeux brillants d'un jeune plein d'espoir et d'énergie. Mais me voilà aujourd'hui encore coincé pour payer cet appartement pourri que j'occupe depuis la naissance de mon fils aîné.
Je dois aussi ne pas dépasser l'échéance mensuelle pour payer la bagnole aussi, une bonne occasion 5 chevaux fiscaux.
Le jeune était en costume, bien coiffé, bien souriant devant une foule d'esclaves qui se sont déplacé pour lui souhaiter une bonne chance pour ce poste de directeur général d'entreprise et de lui montrer en même temps à quel point son père était un type bien quand il était encore des leurs avant d'aller rejoindre lui aussi son père le fondateur de l'entreprise y'a presque un siècle.
Je n'ai pas eu la chance, d'accéder à ce genre de rêves, c'est parfois très étrange de rêver de ce que les autres possède facilement. Quand j'avais trente ans je pensais qu'aujourd'hui à 60 ans j'aurai une belle famille, quelques grosses qui vont me rendre fier et la même petite amie que j'aimais à l'époque... Je ne me rappelle plus de son nom d'ailleurs et j'espère qu'elle a trouvé un homme qui correspond à son tatouage de la lettre "S" de l'initiale de mon prénom sur son bras.
J'imaginais que j'aurai une belle vie, avec mon salaire de cadre, je n'avais jamais douté même pas une seconde que ce travail va me bouffer si sauvagement...
Mon ex femme a mis les voiles y'a vingt ans, mes deux fils viennent rarement me rendre visite pour s'assurer que je suis encore vivant quand je ne réponds pas à leurs coups de fil, d'ailleurs je le fais exprès pour qu'ils viennent. J'ai toujours été présent pour leurs Porter mon aide quand ils étaient petits.
Parfois durant les week-ends je partais avec mes anciens amis du boulot en excursion, on allait aussi dans des bars branchés, histoire de se défouler, on faisait aussi de la pêche et ça nous est arrivé même d'aller profiter de la nature durant notre congés annuels... On a visité plusieurs régions du Nord et on a fait des campings aussi.
Voici les seuls beaux moments qu'on a vécu ensemble, c'était quand j'étais encore marié et puis on a tous franchi le seuil de la joie pour devenir robots, tout dans nos vies était bien calculé : les heures de sommeil, nos heures supplémentaires, nos dépenses, même nos parties de jambes en l'air on les calculait pour ne pas être en retard à nos réunions d'esclaves le matin...
On a grandi et on a changé, et au fil des années on a perdu nos anciennes habitudes. Chacun de nous s'est fermé dans sa bulle à problèmes et on tournaient tous dans des cercles visqueux quand on voulaient se détacher.
Voilà que j'ai fini ma carrière d'esclave, emprisonné derrière un bureau, souriant et faisant le nécessaire pour rendre mes patrons plus heureux...
On m'a dernièrement déclaré y'a quelques années que le stress m'a ruiné, c'était une belle maladie professionnelle... Tout le monde sait que t'es gravement malade et connait aussi que tu t'es bien tabassé au boulot sauf que tu dois encore travailler pour payer les médicaments et les médecins...
"à suivre "

