lundi 2 janvier 2017

Sam & Laura

Il est cinq heures du matin, les gens dans ce bar sont très calmes, à peine on les entend parler, on dirait des gens qui chuchotent mais moi...  Je chantais une chanson de Barbara, comme si j'avais un public et une scène à moi
- voilà combien de jours  voilà combien de nuit, voilà combien de temps que tu es reparti, tu m'as dit cette fois c'est le dernier voyage , pour nos cœurs déchirés c'est le dernier naufrage...
Personne n'écoutait, personne ne s'y intéressait à un pauvre alcoolique et ils ont tous raison, il ne savent pas ce que j'ai vécu pour aimer autant cette chanson et voici mon histoire.

Aujourd'hui j'ai 29 ans, j'ai eu beaucoup d'amis de partout, j'ai des amitié qui datent d'une vingtaine d'années. Je suis un dragueur de première classe, j'ai couché avec des dizaines de femmes. J'adore aussi le cinéma et la poésie. Au fil des années j'ai découvert que le chemin vers dieu ne passait pas uniquement par la prière, ça pourrait être à travers l'écriture, l'alcool et plein de jolis pêchées...
Je viens d'un pays arabe, là où la différence est un handicap pour intégrer leurs société qui pue le mensonge et la soumission aux règles religieuses, la doctrine mais surtout la dictature. J'ai quitté le pays y'a 9 ans et après quelques années j'ai trouvé ma déesse.
J'ai rencontré Laura à mon 28éme anniversaire, y'a un an et comme la chanson de Joe dassin  :"y'a un an, y'a un siècle, y'a une éternité ".
Je ne savais rien de l'amour, que quelques poèmes ou des films hollywoodien. Elle était ma première fois et sûrement la dernière.

Laura, n'était pas une femme ordinaire, c'était un être qui vient d'un autre monde. Tout les soirs elle venait au même bar que moi qui rassemblait tout ceux qui travaillent ici au port, je n'étais pas marin mais j'aimais bien écouter leurs histoires. Je ne sais pas ce qui pouvait amener une si belle femme à fréquenter cet endroit mais ce qui m'étonnait le plus c'était le respect que les gens avaient pour elle.
Durant des semaines, je n'ai vu aucune personne lui parler, elle était toujours à la même chaise, une cigarette à la main et sa bière en train de lire des bouquins.
J'ai eu l'idée plusieurs fois d'aller lui parler et se fondre dans ses histoires, je sentais au fond de moi même une envie irrésistible d'aller lui raconter ma vie, et de savoir tout sur elle, m'ai je n'étais pas assez courageux,les femmes de son genre sont effrayantes, d'autre part j'aimais le livre de "Laure Adler"  "les femmes qui lisent sont dangereuses".

Après une bonne douzaine de bière, je sentais toujours du courage pour aller lui parler, j'étais comme un gamin qui était paralysé de peur devant un film d'horreur qui préfère se pisser dessus que d'aller au toilette, elle me paralysait de peur et je n'osait pas le faire.
 Je me rappelle le jour de mon anniversaire  j'étais assis tout seul comme d'habitude, et elle est venue, ce soir elle était encore plus ravissante que d'habitude, je n'étais pas encore saoule mais j'avais le courage. J'étais seul en train de fêter mon anniversaire avec un vieux cahier de vœux que j'avais quand j'avais encore 10 ans. Je notais dedans tout ce que je rêvais de faire, et je ne sais pas ce qui tournait mal dans ma tête mais j'ai trouvé cette phrase :"
trouver l'amour de sa vie avant d'avoir 30 ans 
Cette phrase m'a fait bougé de ma chaise, je suis allé vers elle et sans lui adresser la parole j'ai demandé au barman deux bière en tirant la chaise qui était devant elle. Et là sans lever sa tête de son bouquin elle m'a dit :
- Et si je refuse votre bière?
- bon, je je vais boire la première pour célébrer le faite d'entendre ta voix pour la première fois et la deuxième ça sera pour oublier ce refus et puis...
- Et puis quoi?
Je lui ai répondu en me levant de ma chaise tout en faisant attention à la ranger à sa place correctement :
- Et puis je m'en vais.
- Non, reste.
Elle me l'a demandé en me regardant droit dans les yeux et j'ai senti que c'était la déesse aphrodite qui se cachait derrière le visage de chaque femme , en train de me l'ordonner.
- je veux te poser une question..Pourquoi tu es toujours seule?
Elle a tourné la page de son bouquin, et l'a mis à côté, elle a allumé une cigarette et a pris une bonne gorgée de sa bière et elle n'a rien dit mais j'ai vu à quel point ma question l'a bouleversée.
- je m'excuse, pour ma question. Je suis un peux ivre. Je n'aurais pas dû.
- y'a aucun souci.

Elle a finit sa bière et l'a posé sur la table délicatement et elle s'est levé. J'étais en train de la regarder comme un bébé avec mes yeux doux, car je faisais confiance à ceux regard pour chopper des filles depuis des années et miraculeusement ça a marché.
- vous allez rester ici?  Allez levez vous on ira ailleurs et c'est moi qui t' invite cette fois.
J'ai caché mon sourire de malin, et j'ai pris mon manteau et on est sorti, cette femme si elle me mènera en enfer j'irai sans hésiter.
On est allé à un autre bar, et cette nuit on a bu comme je n'ai jamais fait, on avait tellement soif et c'était comme si c'était notre dernière nuit sur terre. On a perlé durant des heures, on a beaucoup rigolé, et on a aussi pleuré et c'était formidable.

Le soleil commençait à se lever et on était épuisé, on est rentré chez moi et on s'est endormi directement. C'était pour moi la première qui ne faisait que dormir sur mon lit.
Le lendemain, on a passé notre journée à boire encore, et on a parlé de tout, je sais qu'elle est française et qu'elle aime honoré de Balzac, elle avait aussi quelques essai de poésie et elle rêvait de jouer dans une pièce de shakespeare. Je lui ai raconté beaucoup de choses de mon enfance pourrie et elle était en train de m'écouter comme un ange, si douce et calme.
On a passé deux mois à se voir chaque jour, j'attendais l'après midi pour aller la voir au même bar pour commencer ma journée véritablement, je finissais mes heures d'esclavage pour aller rencontrer ma liberté, ma belle sorcière, l'amour de ma vie.

Je lui parlais comme si c'était mon enseignante universitaire, une experte en tout même les détails de mon métier, elle était très cultivé et j'adorais ces délires. Elle était la seule personne au monde qui peut me raconter l'histoire d'un roi déchu y'a des siècle, durant une heure et c'était passionnant. Elle était une fée, elle était mon tout.
On faisait l'amour comme des fous sauvagement souvent, et c'était comme si on faisait des réserves jusqu'au prochain rendez-vous. Elle aimait parfaitement comme moi, tout ce qui était hors du commun. Elle adorait m'offrir chaque soir ses trois médailles en me disant à la fin que :"ça fait du bien par où ça passe " et je rigolait car là où je suis né  la médaille de bronze du plaisir anal était impossible mais Laura adorait tout faire.

Au fil des mois nous avons établi un certain code, une sorte de clé spirituelle entre nos Corps... Aucun de nous deux n'a cherché ailleurs. Je n'imaginait même pas comment j'ai attendu toutes ces années pour faire l'amour réellement et sentir aussi violemment ce désir.
Nos soirs sont devenus sacrées au bonheur. On avait une connexion très solide une sorte de lien qui dépasse de loin une simple alchimie. Elle était mon refuge après les journées pénible et j'étais son carburant, elle m'a dit un soir :
- tu sais que tu es le premier avec qui je fais l'amour?  Les autres n'étaient que des essais...
- je sais que tu es la déesse qui purifie mon âme et qui baptise mon corps chaque nuit...
On a décidé de se marier et la à ce moment, notre cher dieu puissant là où il est, s'est rappelé que sur terre il y avait une personne qui s'appelait Laura et il l'a arraché de mon âme.
Laura est morte à cause d'un cancer des poumons. Et me revoilà dans ce bar.